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Nous manquons de bons photographes de mariage. Ce manque a, de mon point de vue, plusieurs origines. La première raison, c'est qu'il y a plus de 200.000 mariages par an en France et que ceux-ci se concentrent sur une vingtaine de jours entre mai et septembre. Un photographe ne peut en couvrir qu'entre un et quatre par jour, selon la façon dont il travaille. Tout les mariés ne font pas appel à un photograne fait pas appel à un photographe, mais si seulement 10% d'entre-eux le fait, il faudrait 1.000 photographes bons photographes de mariage en France, alors que certains de mes confrères pensent qu'il n'y en a pas plus d'une cinquantaine. Je partage leur point de vue car, lorsque je ne suis pas disponible pour une date, je n'ai qu'une douzaine de noms de confrères à donner. La deuxième est la mauvaise image de cette activité en France. Le marché est essentiellement occupé par des usines à photo dont la qualité des prestations dégrade l'image de cette activitée. Or, la photo de mariage nécessite une grande polyvalence. Et cette polyvalence est assez prisée par les clients institutionnels (entreprises) des photographes. Les photographes de mariage cachent souvent cette activité à leurs clients institutionnels. Les photos de mariage sont absentes des books et ils séparent sur des sites internet distincts ces deux activités. Je ne fais pas exception. La troisième raison est que la rémunération d'un mariage, qui plafonne en France à 1.500 ou 2.000 € pour une prestation de base. Or, un photographe qui travaille durant toute l'année souhaitera probablement occuper ses week-ends d'été à ses loisirs. La quatrième raison a une origine légale/fiscale/sociale. Les photographes, selon leur activité, sont séparés en deux mondes. Ce sont soit des artistes qui facturent des droits d'auteurs. Ils dépendent des AGESSA. Soit ce sont des artisans et relèvent du régime général de l'URSSAF, comme tout chef d'entreprise. J'avoue ignorer où l'on range les paparazzi. Cette cuisine fiscale/sociale a une incidence importante. Car, lorsqu'un artisan reçoit 100, il paiera environ 40 de charges sociales, alors que l'artiste n'en paira que 10. De plus, le régime général compense le déficit des AGESSA. L'artisan gagne moins d'argent et paye la sécu de l'artiste. C'est probablement pour cette raison que les photographes AGESSA n'ont pas le droit de photographier les mariages. La distortion de concurrence est en effet patente. Pourtant, en se privant de ressources de bon niveau, l'offre de qualité est bien inférieure à la demande. Le marché se régule alors par le bas, grâce à des sociétés peu scrupuleuses de la qualité et qui embauchent des saisonniers auxquels ils apprennent en quelques heures ce que j'ai mis des années à acquérir. A vouloir se protéger de la concurrence déloyale de leurs confrère artistes, les artisans exerçant une activité de photo de mariage se sont pénalisés, et avec eux les mariés qui s'y seront pris trop tard pour réserver le leur. Vincent Blocquaux - 16 mars 2008 |